Jeudi 27 octobre 2011
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Ce mardi 25 octobre, c'est une nouvelle journée bien épuisante que nous avons vécu à Dzoumogné après presqu'un mois depuis le début du mouvement contre la
vie chère à Mayotte.
Vous pouvez lire l'article de Libération.fr qui semble du coup indiquer que la situation d'ici commence à être un peu plus suivie depuis Paris... même si
l'actualité très dense la relègue tout de même au enième rang ...
Voir aussi lemonde.fr :
Brigitte est descendue au collège juste avant 7 heures alors que nous savions déjà qu'un barrage venait de se monter au niveau du carrefour et du pont. Pour ma
part, je suis allé conduire Clémentine à l'école mais son instit était encore le seul présent sur les lieux et l'école fermée.
J'ai donc téléphoné au collège pour signaler que je ne viendrais pas et que je restais à la maison garder ma fille.
Les premiers bus avaient déjà amené un certain nombre d'élèves... Brigitte a dû rester dans l'établissement jusqu'à 13h avec les derniers élèves que les
parents ont tardé à venir chercher. A l'extérieur, selon la radio et de nombreux témoignages, les forces de l'ordre sont une fois de plus arrivés avec leurs gros sabots pour jouer à la
gue-guerre avec les ados surexcités ... comme si les évènements du vendredi d'avant les vacances - ici même à Dzoumogné - ne leur avaient pas servi de leçon. Ils ont déplacé pas moins de 12
camions de gendarmes mobiles et un hélicoptère pour jouer au chat et à la souris avec des gosses. Comme disait un homme ce soir aux infos sur Mayotte 1ère : on est pas en Israël
!!! A la mi-journée les gendarmes se sont repliés, le barrage a été levé, mais rien n'a changé ...
Clémentine, pour gérer son stress, comptait les détonations : ce jour-là, pas moins de 130 ! Bien plus que le
vendredi 30 septembre.
Le mot de l'année à Mayotte : Flash Ball
Ce joujou utilisé par les forces de répression sarkosiennes depuis le début ici a déjà fait beaucoup de dégâts et a été allègrement employé ec mardi dans notre
village. Mohamed, qui travaille dans notre jardin est allé voir son fils ce matin au dispensaire, il avait été emmené par l'ambulance après avoir essuyé pas moins de 4 tirs ... dont un au cou.
Heureusement il est hors de danger. Bien sûr certains diront : mais qu'allait-il donc faire par là ?
C'est un autre problème, quelles sont donc les raisons de cet "intifada" mahorais naissant ?
Nous ne prétendons pas y répondre.
Un autre article assez complet dans "malango" qui retrace aussi un peu l'histoire récente de Mayotte :
Et les jours suivants? Et bien, vu la situation, une fois de plus nous serons amenés à exercer notre droit de retrait et n'irons donc pas au collège ...
mais jusqu'à quand ?!... aujourd'hui, jeudi notre collège est vide et on n'est même pas sûr de reprendre les cours lundi prochain !
Nous limitons nos déplacements, difficile d'aller à la plage, m'enfin on survit quand même et on contemple un peu notre jardin. J'essaierai de mettre quelques
photos.
A suivre ...